50 ans de marée noires

Sur son site (www.cedre.fr) le CEDRE de Brest analyse et documente 120 accidents ayant provoqué des déversements d'hydrocarbures en mer. Ces accidents concernent aussi bien des pétroliers ayant perdu toute ou partie de leurs chargement, que des cargos ayant perdu leur carburant (souvent plus de 1 000 tonnes dans les réservoirs), que des faits de guerre.

Nous avons extrait une quarantaine de ces accidents sous la forme d'un tableau synthétique, soit parce qu'ils ont eu des conséquences humaines et/ou environnementales majeures, soit parce qu'ils ont constitué des points de bascule dans la prise de conscience du danger et/ou dans l'élaboration de la législation, soit encore parce qu'ils sont représentatif du « tout venant » des accidents maritimes.

Quelques points ne peuvent échapper à la lecture et méritent d'être soulignés :

  • La gravité de ces accidents (plus de 120 morts répertoriés) ;
  • La place prépondérante du Libéria en tant que pavillon de complaisance ;
  • La concentration des accidents en décembre et janvier, période de météo souvent exécrable (ce qui peut constituer un bon indicateur de l'état de vétusté des navires) ;
  • Le nombre de collisions ;
  • La place importante qu'occupe l'erreur (de pilotage, de pompage) dans les causes d'accident (ce qui peut constituer un bon indicateur de la compétence et de la formation des équipages).

Il n'y a pas de mystère : on retrouve là tous les avatars du transport maritime à la « sauce » OMI : rentabilité maximale par abaissement des coûts (maintenance des navires, rémunération des équipages) et limitation des responsabilités. En mer le hasard n'a pas sa place et pourtant il est partout : dès lors que le moindre grain de sable vient lui donner un coup de pouce, la situation prend vite des proportions incontrôlables.

Voici donc un florilège qui débute en 1960 pour se terminer en décembre 2006. Nous avons volontairement retenu l'ordre chronologique inverse dans notre classement afin que certains noms mythiques (Torrey Canon, Braer...) revienne plus rapidement en mémoire qu'ils ne soient pas occultés par les « célebrités » récentes (Prestige, Exxon Valdez).

Malheureusement, on peut sans risque de se tromper penser que cette liste va s'allonger dès cette année et pendant de longues années encore. Le la a déjà été donné par le déversement de 50 tonnes en Gironde fin décembre (rupture d'un réservoir dans une entrepôt) et par le MSC Napoli en Manche le 18 janvier dernier.

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