« Etant donné la rentabilité insolente des activités du groupe Total 12,585 milliards d'euros net après impôts en 2006, due en partie à la forte augmentation du prix de l'essence pour les consommateurs, nous souhaitons que Total n'échappe pas à ses responsabilités dans le dossier Erika. Total doit prendre à sa charge la part des dommages qui dépassent le plafond du FIPOL » explique Stephan Beaucher, chargé de la campagne océan de Greenpeace France.  

« Une analyse de la comptabilité de Total déclarée à l'Autorité des Marchés Financiers AMF témoigne que la compagnie Total, sûre de son impunité, n'aurait pas cherché à provisionner une quelconque somme pour faire face à une condamnation dans le procès en cours. C'est tout simplement inadmissible car au nom du principe « pollueur-payeur » et de la responsabilité du producteur sur l'ensemble du cycle de vie de son produit, il n'est pas nécessaire de démontrer qu'il y a eu faute pour se retourner contre Total » rajoute Yannick Vicaire, chargé de la campagne toxique de greenpeace.  

Si le procès confirme qu'il y a eu pollution et mise en danger de la vie d'autrui de la part de Total et de ses filiales, il s'agit alors d'un délit environnemental. A l'heure où la Commission européenne se penche sur un projet de directive pour sanctionner la grande criminalité environnementale, l'enjeu du procès de l'Erika pourrait  créer un précédent et infliger aux fautifs, non seulement la prise en charge des dommages précédemment évoqués, mais aussi des amendes d'un montant suffisamment élevé afin d'avoir un effet dissuasif et de prévenir la répétition de tel désastre.
N'oublions pas qu'en la matière Total fait l'effet d'un récidiviste impénitent.

Il est temps d'en finir avec l'impunité de ceux que le Président de la République qualifiait, il y a quelques années, de patrons-voyous.

« Si ce procès démontre qu'il y a eu faute de la part de Total sans pour autant parvenir ni à l'application du principe « pollueur payeur », ni à de lourdes sanctions complémentaires, il incombera aux politiques de repenser la signification d'une charte de l'environnement purement décorative et de réformer les règles juridiques pour une responsabilité étendue et complète du producteur. Nous devons lutter efficacement contre la criminalité environnementale » renchérit Yannick Vicaire.