Les impacts de la marée noire

Environ 20 000 tonnes de fuel (chiffre validé par le CEDRE) se sont déversés en mer sur les 31 000 que contenaient les soutes. 10 000 ont été pompées dans l'épave et 1000 tonnes ont été récupérées à la surface de la mer avant qu'elles n'atteignent les côtes.

400 km de côtes ont été touchées par la marée noire de l'Erika du Finistère à la Charente-Maritime.


Sources: nappes (préfecture de Brest), trait de cote (esri) et observations cotieres

Impacts sur la faune et la flore

L'impact d'une marée noire varie en fonction du tonnage de pétrole déversé, de sa toxicité, de la profondeur et de la géographie des lieux, de la faune et la flore présente... Il est sûr qu'aucun organisme vivant n'échappe à l'intoxication du fuel.

Les oiseaux

La marée noire de l'Erika est la plus meurtrière pour les oiseaux. Si on la compare à celle de l'Amoco Cadiz, elle est 130 fois plus meurtrière en terme de rapport quantité de pétrole déversé en mer (Erika : 20 000 t estimée) / nombre d'oiseaux récupérés (77 000), soit 3.85 oiseaux/tonne. Pour mémoire, l'Amoco Cadiz (1978) avait répandu 230 000 t de pétrole et provoqué l'échouage de 4 000 oiseaux, soit 0,03 oiseau/tonne. La Ligue de Protections des Oiseaux nous signale que 61 000 oiseaux mazoutés ont été recueillis, morts ou vivants. Le nombre réel d'oiseaux tués par la marée noire est certainement encore bien supérieur, car beaucoup n'ont pas atteint la côte. On peut estimer qu'il y en a eu 2 à 3 fois plus, soit environ 200 000 à 300 000 victimes.

L'Érika sur le site de la Ligue de Protection des oiseaux : http://www.lpo.fr/detresse/erika/index.shtml

Les mammifères marins

Aucun mammifère marin mazouté n'a été recensé. Les cétacés abondants (dauphin commun, globicéphale noir) n'ont pas présentés de diminution d'effectifs significative après la pollution.

l'impact du nettoyage sur le littoral ? (source CEDRE)

La végétation ayant subi les effets des opérations de nettoyages ou des dégradations annexes, est affectée de manière très variable en termes de couverture végétale ou de composition floristique. Le Cedre constate :

  • une dégradation du sol, de la végétation dus notamment aux accès et installations de chantiers, aux circulations motorisées, au stockage temporaire des déchets mazoutés...
  • Un déficit sédimentaire, érosion, dégradation des dunes dus à l'extraction de sédiments, à l'utilisation massive et non contrôlée de cribleuses,... (230 000 tonnes de produits pollués récupérés avec entre autre du fioul mais aussi galets, sable, vase, terre, algues, bâches, débris divers, eau,...)
  • Le décapage de la flore et éclatement de la roche par la mauvaise utilisation du lavage haute pression

L'impact économique

Le coût de la marée noire a été évalué à 900 millions d'Euros, dont 50% au titre du préjudice subi par le secteur touristique.

Sur cette somme selon la réglementation en vigueur à l'époque:

  • 180 millions relèvent de la prise en charge par le FIPOL
  • 30 millions de la responsabilité de TOTAL
  • 13 millions de celle du propriétaire du navire.
  • Le solde de 680 millions d'Euros revenait à l'État, payeur en dernier ressort.
Total aurait donc pu se contenter de ses obligations légales et n'assumer que 3% du coût de la catastrophe. Mais grâce à la mobilisation de l'opinion publique et les pressions exercées par la sphère environnementaliste, dont Greenpeace, Total a été contraint d'« aller au-delà du contrat ».
Total a pris en charge une partie du coût du nettoyage des côtes et surtout le pompage du fuel restant dans l'épave.
En cela l'Erika a constitué une bascule dans la dichotomie entre responsabilité légale et responsabilité à l'égard de la société civile et de l'opinion publique.
En mai 2003 le coût de l'accident pour Total s'élevait à 150 millions d'euros soit 15% du montant des dommages au lieu des 3% auxquels la Loi l'obligeait.

CEDRE : Centre de Documentation de Recherche et d'Expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux :
http://www.cedre.fr/ et http://www.cedre.fr/fr/accident/erika/erika.htm